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Comité Européen Marseille

Association loi 1901

Et si Trump avait raison... ?

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Donald Trump, à droite, et Donald Tusk
@Commission européenne

Avec sa façon directe et péremptoire de s'exprimer, Donald Trump s'est réjoui ouvertement du Brexit. Il l'a souhaité "dur". Le Brexit est finalement "doux", comme l'a souhaité Teresa May, en accord avec les autorités européennes. Il avait prédit au début de son mandat «la fin de l'Union Européenne dans les six mois... » L'UE est toujours debout ! Cela dit, ses déclarations à l'emporte-pièce ne sont pas sans fondement... Loin de là ! Les Européens seraient bien inspirés de tenir compte de ses avertissements... qui sont loin d'être gratuits !

Le Président des États-Unis lit-il dans la boule de cristal· ? C’est plutôt tout simplement le fruit d’une constatation conjuguée à la conviction que la force économique et commerciale de l’UE ferait ombrage aux Etats-Unis. Il a tôt fait de remarquer, et non de déplorer la faiblesse de l’Europe· : pas d’union politique ni même de défense commune, sa monnaie ne dispute plus sa place de deuxième devise mondiale comme le laissait prévoir la réussite fabuleuse à sa naissance. «· America first » exige la fin de cette concurrence européenne. Donald Trump fourbit ses armes pour tirer à bout portant sur le château de cartes européen.
Avec la résiliation du Traité de non-prolifération des armes nucléaires, signé à Vienne en 2015 avec l’Iran, succès dont les Européens étaient fiers à juste titre, Donald Trump fait coup double. Il raye d’un trait de plume les efforts diplomatiques des Européens dont le but était de désamorcer un scenario catastrophe dans le chaos du Moyen Orient. Du même coup il bloque aussi le commerce des Européens avec l’lran et ébranle le géant économique européen par des rétorsions commerciales américaines. C’est comme dans le conte des trois petits cochons, qui séduit toujours les enfants, le souffle du loup éparpille la cabane en paille du petit cochon paresseux qui avait la flegme de construire une maison solide. Ainsi Total pourrait être contraint de cesser le développement du champ gazier iranien South Pars 11, situé dans le golfe persique au profit probablement d’une entreprise chinoise. PSA ​envisage de se retirer d’Iran, premier marché étranger, pour respecter la décision de Trump applicable au 6 août 2018.

Sans crier gare, de victoire en victoire, Trump en bon chef de guerre poursuit son attaque et taxe de 25% l’aluminium et de 10 % l’acier le 30 mai 2018. C’est la production allemande la plus visée.
Pendant qu’Emmanuel Macron essaie d’éveiller la passion de la jeunesse à la Sorbonne, à enflammer le Congrès américain à Washington, de lancer un appel vibrant à Athènes ou s’égosiller à expliquer la voie de l’Union au Parlement européen, Madame Merkel hésite à répondre à l’appel de l’histoire, abritée par l’orthodoxie du nouveau ministre des finances Olaf SCHOLZ du parti social-démocrate qu’on croyait européen. On l’aura compris un ministre allemand des finances reste un ministre allemand de finances. La Chancelière tergiverse toujours à entrebâiller la porte aux propositions d’Emmanuel Macron sur l’intégration de la zone euro avec la bénédiction d’un groupe de pays nordiques sous l’impulsion de la Hollande. Quant aux italiens ils pensent avoir trouvé la parade en s’engouffrant dans une illusion politique sans précédent. A l’Est rien de nouveau· : les anciens satellites de Moscou continuent impunément à saccager l’Etat de droit avec la nostalgie peut-être de la soumission et de la force.
L’Union européenne n’a de sens que si les Européens ambitionnent de voir aboutir ce projet utopique d’une Europe unie. Son destin n’est écrit nulle part, à eux de choisir entre un avenir à construire ensemble où être emportés au gré des courants les plus forts. Pour l’heure ce ne sont plus les populistes qui représentent un danger pour l’Union. Ils sont concurrencés par l’euroscepticisme à tous les niveaux jusqu’au sommet des instances européenne. Ainsi le 7 octobre 2018 Jean-Claude Juncker déclarait à la Fondation jacques Delors· : «· Je crois que nous devons cesser de parler des Etats-Unis d'Europe· »

Peut-être nous reste-t-il encore d’après la formule de Vladimir Jankélévitch de· :

«· Faire de l’irréversible un commencement. »

Monique Beltrame le 6 juin 2018

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